L’arthrose du genou, ou gonarthrose, correspond à une usure progressive de l’articulation. Elle peut provoquer des douleurs à la marche, une raideur après le repos, un gonflement et une gêne dans les escaliers. L’objectif n’est pas de promettre une guérison du cartilage, mais de soulager les symptômes, préserver la mobilité et maintenir une vie active aussi longtemps que possible.
La prise en charge se construit selon les douleurs, le retentissement sur la vie quotidienne, l’état de l’articulation et les attentes du patient. Il existe rarement une solution unique. Les meilleurs résultats reposent le plus souvent sur une association de mesures simples, de rééducation et, si nécessaire, de traitements médicaux ou d’une discussion chirurgicale à un stade plus avancé.
Comprendre ce qui entretient la douleur d’arthrose
Dans l’arthrose, la douleur ne dépend pas uniquement de l’image radiologique. Deux genoux présentant une usure comparable peuvent être ressentis très différemment. L’inflammation locale, un épanchement, la raideur, la faiblesse musculaire ou un trouble de l’axe du membre inférieur peuvent majorer les symptômes. La douleur est souvent mécanique : elle apparaît ou augmente à la marche, lors des escaliers, après une station debout prolongée ou au port de charges.
Il existe aussi des périodes de poussée inflammatoire, avec un genou plus gonflé, plus raide et douloureux au repos ou la nuit. Ces épisodes demandent une adaptation temporaire de l’activité. Il faut éviter de forcer sur un genou très inflammatoire, sans pour autant l’immobiliser durablement. Une consultation permet de distinguer une poussée d’arthrose d’une autre cause de douleur, par exemple une lésion méniscale, une entorse récente ou une atteinte inflammatoire nécessitant un traitement différent.

L’activité physique reste un traitement essentiel
Le repos complet est rarement une bonne solution à long terme. Il favorise la perte de force musculaire, la raideur et parfois une diminution de la confiance dans l’appui. En dehors des poussées très douloureuses, une activité physique adaptée aide à conserver la mobilité, l’endurance et la stabilité du genou. La marche sur terrain régulier, le vélo d’appartement, la natation ou les exercices en décharge sont souvent mieux tolérés que les activités à impacts répétés.
Le principe est d’ajuster la charge, pas de supprimer tout mouvement. Une douleur légère et transitoire pendant l’effort peut être acceptable si elle revient au niveau habituel dans les heures qui suivent. En revanche, un gonflement important, une douleur qui augmente le lendemain ou une gêne nocturne imposent de réduire l’intensité. Répartir les efforts, éviter les longues stations debout et alterner les tâches permet souvent de mieux gérer les symptômes au quotidien.
La rééducation vise la mobilité et la force
Le quadriceps joue un rôle majeur dans le contrôle du genou. Lorsqu’il est affaibli, l’articulation est moins stable et les contraintes sont plus difficiles à supporter. Une rééducation personnalisée travaille la récupération de l’extension, la souplesse, le renforcement du quadriceps, des muscles fessiers et des ischio-jambiers. Elle ne se limite pas à une série d’exercices standard : elle tient compte du niveau de douleur, de l’axe de la jambe et des activités que le patient souhaite conserver.
Le travail avec un kinésithérapeute permet d’apprendre les bons gestes, puis de poursuivre une partie du programme à domicile. La régularité est plus utile qu’une séance très intense suivie de plusieurs jours d’arrêt. Chez certains patients, une aide temporaire telle qu’une canne tenue du côté opposé au genou douloureux ou une orthèse adaptée peut diminuer les contraintes. Ces dispositifs accompagnent la reprise du mouvement, mais ne remplacent pas le renforcement et l’adaptation de l’activité.
Quelle place pour les médicaments et les infiltrations
Les antalgiques peuvent être utilisés lors des périodes douloureuses, en respectant la prescription et les contre-indications personnelles. Les anti-inflammatoires ne conviennent pas à tous les patients et doivent être utilisés avec prudence, notamment en cas de risque digestif, rénal ou cardiovasculaire. Le traitement médicamenteux a pour rôle de faciliter le mouvement et la rééducation ; il ne doit pas servir à masquer une douleur pour poursuivre une activité que le genou ne tolère pas.
Une infiltration peut être discutée dans certaines situations, par exemple lors d’une poussée inflammatoire ou quand la douleur bloque la rééducation. Son effet est variable et temporaire. Elle ne reconstruit pas le cartilage et ne remplace pas le traitement de fond. Avant de la proposer, il faut vérifier le diagnostic, les traitements déjà essayés et les contre-indications. Répéter les infiltrations sans réévaluer le genou ne constitue pas une stratégie adaptée pour une arthrose évolutive.

Le poids, l’axe et les habitudes de vie comptent aussi
Lorsque le poids est supérieur à ce que le genou peut tolérer, une perte pondérale progressive peut réduire les contraintes et améliorer les symptômes. Il ne s’agit pas d’imposer un objectif théorique, mais d’identifier ce qui est réalisable et utile au patient. L’alimentation, le sommeil, l’activité physique et les habitudes professionnelles font partie du raisonnement. Un métier très physique, des escaliers fréquents ou des positions prolongées à genoux peuvent nécessiter des adaptations concrètes.
L’axe du membre inférieur est également important. Un genu varum ou un genu valgum peut concentrer les contraintes sur une partie du genou. Les radiographies en charge et l’examen clinique permettent de l’évaluer. Selon l’âge, l’activité et la zone atteinte, la stratégie peut aller d’un traitement conservateur à une correction de l’axe ou à une prothèse. Le choix ne dépend jamais d’un seul facteur et doit tenir compte du retentissement réel sur la vie quotidienne.
Quand envisager une solution chirurgicale
Une chirurgie peut être discutée lorsque les douleurs restent invalidantes malgré un traitement médical et une rééducation correctement menés. L’indication dépend de la limitation de marche, de l’autonomie, de la douleur nocturne, du niveau d’activité et de l’atteinte de l’articulation. Il ne faut pas attendre que le patient soit totalement immobilisé, mais il n’est pas non plus utile d’opérer une radiographie sans handicap fonctionnel important.
Lorsque l’arthrose est avancée, la prothèse totale du genou peut être une option pour soulager la douleur et retrouver une marche plus confortable. Une consultation spécialisée sert à déterminer si cette étape est adaptée, à expliquer les alternatives et à préparer la récupération. Le bon traitement est celui qui répond à une gêne réellement vécue, avec des objectifs clairs et réalistes.





